Henri VIII

(Greenwich, 28 juin 1491 - Westminster, 28 janvier 1547)
Roi d'Angleterre et d'Irlande (1509-1547)

La longévité du règne d'Henri VIII, son énergie et parfois sa cruauté, en font une figure marquante de l'histoire du XVIème siècle.

Henri VIII est le second fils d'Henri VII, premier des Tudor. À la mort de son frère aîné (1502), Henri devient l'héritier de la couronne d'Angleterre. Sa jeunesse est dite riche de lectures et d'exercices physiques. Très tôt on note sa formidable stature: 6 pieds de haut.

À la mort de son père (1509), Il se marie avec la veuve de son frère, Catherine d'Aragon. Ils sont reine et roi. Henri débute son règne avec le vif désir d'épancher sa vaste énergie en ambitieuses guerres sur le continent. Il s'allie à Ferdinand d'Aragon (son beau-père) et soutient le pape contre la France qui s'est lancée dans la conquête de l'Italie.

Une première grande victoire militaire lui est donnée par l'héritier de Surrey contre les Écossais en 1513. Sur le continent, Henri commande une magnifique armée sans rencontrer d'oppostion. il mène le siège de Thérouanne et de Tournai avec succès et ainsi conforte sa position sur le continent (Calais est terre Anglaise). Ce sont pendant ces années de guerres que les affaires du royaume passent sous le contrôle effectif de Thomas Wolsey, un écclésiastique aux ambitions papales, qui se révèle un efficace premier ministre.

En 1519, Henri se présente sans grand espoir à l'élection de l'Empereur du Saint Empire germanique. Élection que gagne Charles Quint. 1520 est l'année du camp du drap d'or. Henri joue une diplomatie compliquée entre François Ier et Charles Quint, espérant accroître son prestige et ses domaines sur le continent. Finalement la guerre reprend entre l'empire et la France et Henri est appelé comme arbitre entre les deux parties. Henri se range finalement du côté impérial et conduit une guerre maritime de harcèlement contre les côtes françaises. La victoire impériale de Pavie contre les Français, donne de nouvelles ambitions continentales à Henri. Mais trop ambitieux, il se met à dos l'Empereur.

Les guerres sur le continent coûtent très chèr à la couronne et obligent le roi à d'impopulaires levées de taxes. Devant le mécontentement géneral, Henri abandonne à la tourmente son premier ministre Wolsey (1529).

La grande affaire des années suivantes est le divorce avec Catherine. Catherine n'a donné qu'une fille (Marie Ière Tudor) et aucun héritier mâle au roi. Catherine, veuve de son frère, glisse-t-on dans l'oreille du roi, lui apporte le malheur (texte du Deutéronome à l'appui). Henri veut annuler son premier mariage pour se remarier dans les règles avec sa nouvelle favorite, Anne Boleyn, car leur fils, si fils il y a, doit pouvoir légitimement réclamer la couronne d'Angleterre. Le pape, qui doit juger de la requête, refuse de dissoudre une alliance qu'il avait lui-même consacrée. Le schisme devient de plus en plus patent, mais Henri reste un homme pieux fidèle au pape et à la doctrine catholique. Finalement, son nouveau ministre, Thomas Cromwell, va prôner et imposer la séparation pure et simple avec Rome dans une longue suite de lois approuvées difficilement par le parlement (1532-34). Le mariage avec Anne Boleyn est entériné l'année suivante en grand secret, alors que celle-ci est déjà enceinte (début 1533). Anne donne une fille au roi, Elisabeth Ière.

Les nouvelles lois donnent tout pouvoir au roi sur son Église et notamment sur toutes les propriétés de l'Église. Par la suite, Henri, grand amateur de théologie, passera beaucoup de temps à définir la doctrine de son Église (il publiera un livre).

Thomas More, un temps chancellier et conseiller du roi, mais surtout réputé à l'époque comme théologien et humaniste (ami d'Érasme) est jugé et décapité pour hérésie. Geste qui soulève l'indignation d'une partie de l'Europe.

Dans ses affaires matrimoniales, le roi se lasse vite d'Anne qui ne peut, elle non plus, lui donner de fils, et la supprime avec sa suite (1536) sous prétexte de conspiration. Catherine était morte quelques années auparavant. Il se remarie avec Jeanne Seymour qui meurt en lui donnant un fils (1537), le futur Edouard VI. Cromwell arrange un mariage avec Anne de Clèves, mais Henri la repousse rapidement et signe la mort de son ministre.

La guerre en Europe reprend en 1542. Bien que François Ier ait joué le jeu de l'Angleterre pendant les longues années d'isolement diplomatique d'Henri (à la suite de son premier divorce), Henri reprend les armes du côté de l'Empereur. Les Écossais, ralliés aux Français, sont battus et perdent leur roi (Jean V) à Solway Moss.

Henri s'obstine dans la guerre alors que la France et l'Empire ont signé des accords de paix. Les caisses de la couronne sont toujours très mal en point. Le roi vend des terres écclésiastiques. Il est marié encore deux fois: Catherine Howard, dont il se débarasse rapidement pour cause d'adultère et Catherine Parr, qui sera sa veuve. Les dernières années de règne sont marquées par la maladie, une obésité de plus en plus gênante, les intrigues des courtisans autour de la composition du conseil de régence du futur souverain: Edouard VI.


FD
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