Pierre de Ronsard

(château de la Possonière, Couture-sur-Loir, 1524 - Saint-Cosme-en-l'Isle, près de Tour, 1585)
Poète français


   Ronsard est le poète le plus important de son siècle, pour nous, comme pour ses contemporains. Et ce, à cause de la durée de son activité (près de 40 ans) et de la qualité de son oeuvre.

   Fils d'un noble militaire, il est d'abord destiné aux armes. Mais la surdité (1540) le pousse aux études des lettres, qu'il suit avec des camarades comme du Bellay et Baïf, sous la direction de Dorat, à Paris. C'est au travers des éloges de ses compagnons que l'on peut nommer le mouvement la "brigade", puis la "Pléiade" (Ronsard, Bellay, Pontus de Tyard, Baïf, Jodelle, Belleau, Peletier). Le chiffre 7 fait référence aux Pléiades de la mythologie grecque (les 7 filles du titan Atlas métamorphosées en étoile). C'est la publication des "Odes" (1550-1552) et des "Amours" (1552-1553) qui va lancer officiellement sa carrière de poète. Tout le monde salue ces premières oeuvres inspirées de Pindare et de Pétrarque. Le ton est déjà très original. Dans la préface des "Odes", Il n'hésite pas à s'autoproclamer le prince de poètes ! Notons aussi un courant paganiste dans les "Folatries" (1553). Puis viennent les "Hymnes" (1555-1556) qui visent un savoir encyclopédique. On y retrouve l'idée que la poésie permet d'accéder à la vérité, la connaissance absolue des choses. Après ces premières oeuvres, il obtient les faveurs de la cour d'Henri III où son rival St-Gelais est finalement supplanté. L'alexandrin dans lequel Ronsard finit par passer maître, ne fait son apparition que timidement dans ses premières oeuvres pour finalement s'imposer dans les "Hymnes". Les "Sonnets amoureux dediés à Sinope" (1559) ferment sa grande première période de production. En 1565, il écrit "l'Art poétique" qui définit son idée de la poésie, près de 15 ans après la "Défense de la langue Française" de son ami du Bellay. Suit une période mondaine où s'abîme Ronsard. Il n'en ressort que les "Discours" destinés au Prince. Son grand projet de poésie épique est de réaliser une épopée sur les Valois (la Franciade, 1572) en utilisant le vers décasyllabique. Le choix du vers, qui est le vers épique en poésie Française jusqu'alors, dessert Ronsard. Il laisse l'oeuvre inachevé, loin d'avoir trouvé le ton recherché.

   L'apothéose finale vient de sa rencontre avec Hélène de Surgère qui lui inspire les "Sonnets pour Hélène" (1574), sa dernière envolée lyrique, teintée de l'épicurisme bien cher à Ronsard.

   À sa mort, Ronsard a imposé une nouvelle forme de poésie qui marquera les siècles à venir...


FD
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