Henri III

(Fontainebleau 1551-Saint-Cloud 1589)
Roi de France (1574-1589) et brièvement roi de Pologne (1573-1574).


   D'abord appelé Alexandre, Henri fut le troisième des fils d'Henri II et de Catherine de Médicis à régner.

   Fils préféré de sa mère, il fut très couvé pendant sa jeunesse. Il reçut en 1560 le titre de duc d'Orléans et en 1566 celui de duc d'Anjou. Sa mère lui pardonnait tous ses caprices et était toujours prête à défendre ses intérêts. C'est ainsi qu'on le promut lieutenant général du royaume à l'âge de seize ans et qu'il se vit attribuer en 1569 à titre personnel les victoires sur les Protestants de Jarnac (contre le prince de Condé qui y perdit la vie) et de Montcontour (contre les armées de Coligny), alors qu'il n'avait fait que suivre les ordres des vieux généraux expérimentés Cossé et Tavannes. Cette préférence de sa mère et les éloges dont il bénéficiait sans cesse irritait particulièrement son frère le roi Charles IX, qui était en outre de santé très fragile. C'est d'ailleurs cette faiblesse physique et psychologique du roi qui permit à Henri et à leur mère de le pousser à ordonner le massacre de la Saint-Barthélemy, en 1572.

   En 1573, le roi de Pologne Sigismond-Auguste II mourut. Le trône de Pologne était électif et Catherine chercha à y caser son fils chéri. La diète polonaise qui ne voulait ni du russe Ivan le Terrible, ni d'un archiduc autrichien se satisfit du candidat français qu'elle espérait être peu dirigiste. Et effectivement, cet exil à Cracovie fut pour lui une traversée du désert. Il restait étranger aux débats de la diète, de part l'utilisation du latin qu'il ne maîtrisait pas, mais aussi à cause des querelles entre grandes familles qu'il ne comprenait pas. La mort de son frère quelques mois seulement après son arrivée et son rappel en France fut pour lui un soulagement. Il quitta la Pologne dans la plus grande discrétion, au milieu de la nuit du 18 juin 1574, sans en avoir averti ses sujets. Il fit halte à Vienne et à Venise où il resta une semaine à se divertir. A Lyon, il apprit la mort de Marie de Clèves qu'il avait un moment espéré épouser. Arrivé à Paris, il annonça à sa mère son intention d'épouser Louise de Lorraine. Il fut sacré à Reims le 13 février 1575 et se maria deux jours plus tard.

   Son mariage et l'amour sincère qu'il eut toute sa vie pour sa femme n'effaça pas l'une de ses plus grandes tares : sa féminité (on dirait aujourd'hui son homosexualité). Elle lui valut nombre d'attaques faciles de la part de ses détracteurs. Il aimait porter des bijoux, se parfumait beaucoup et s'habillait parfois en femme. Par ailleurs, il abhorrait les jeux viriles, comme la chasse et les tournois, et préférait le bilboquet. Il aimait à s'entourer de mignons qu'il choisissait essentiellement sur des critères esthétiques, les plus célèbres étant Épernon et Joyeuse. Il ne se cachait point pour les caresser.

   Outre sa féminité, il était indécis. Il ne parvint à ralier autour de lui les forces nécessaires pour sortir la France des guerres de religions. Le France restait divisée. Il y avait encore des protestants, très affaiblis et décapités par les massacres de la Saint-Barthélemy avec à leur tête Henri de Navarre qui était toujours prisonnier au Louvre. Mais c'est surtout à l'intérieur du camp catholique qu'était apparu une nouvelle division. Au premier rang des perturbateurs était le frère du roi Hercule-François. Il s'était trouvé un rôle à la tête du mouvement des Politiques, un mouvement modéré de catholiques ambitieux, "malcontents" du roi, qui prônaient une entente avec les protestants. De l'autre côté, les catholiques les plus intransigeants étaient très choqués par le comportement déplacé du roi qui tentait de faire oublier ses orgies en organisant de grandes processions. On l'accusa d'hypocrisie, et le roi ne fut plus soutenu dans son combat contre les protestants. Il dut alors traiter avec eux et signa en 1576 la paix de Monsieur (c'est ainsi qu'on appelait le frère du roi). Dégoûtés du roi, les catholiques se regroupèrent autour d'Henri de Guise et formèrent la Ligue. Henri III tenta tout d'abord de s'en proclamer le chef, mais il ne fut pas suivi. Il fut alors de plus en plus affaiblit et signa avec les protestants la paix de Nérac (1580) qui leur était encore plus favorable que les précédentes.

   En 1584, la mort de son cadet tuberculeux Hercule-François rouvrit le problème de sa succession. Ce fut la guerre des Trois Henri : Henri III, Henri de Navarre qui était l'héritier légitime bien que protestant, et Henri de Guise, le champion de la cause catholique. En 1587, la défaite du favori du roi, Joyeuse, contre les protestants affaiblit le roi cette fois de façon irréversible. A cela s'ajoutait l'impuissance du roi d'intervenir auprès d'Elisabeth d'Angleterre pour empêcher l'exécution de sa belle-soeur, ancienne reine de France et d'Écosse, Marie Stuart, qui de plus était aussi fille de la maison des Guise. Cette fois, c'en était trop : la Ligue soutenue par le peuple de Paris rappela Henri de Guise et le roi dut fuir sa capitale (1588). Henri de Guise n'osa pas prendre le pouvoir suite à une insurrection, et il demanda à traiter avec Henri III. Ce fut l'édit d'Union qui amnistiait les insurgés parisiens, qui faisait du duc de Guise le lieutenant général du royaume et du cardinal de Bourbon le futur héritier de la couronne au détriment d'Henri de Navarre. Henri III, exilé à Blois, était totalement dépossédé.

   Mais la défaite inattendue de l'Invincible Armada vint affaiblir le camp des Guise qui étaient soutenus par Philippe II d'Espagne. Henri III reprit espoir et décida de reprendre l'initiative. Il commença par écarter sa mère, puis convoqua Henri de Guise, mais le fit assassiner par ses gardes à la porte de son cabinet. Catherine, malade, mourut peu après (début 1589). L'assassinat du duc de Guise n'eut pas l'effet escompté. Au contraire, il cristallisa la haine des Ligueurs et Henri III dut s'allier avec Henri de Navarre en vue de reconquérir Paris par la force. Une armée importante fut rassemblée. En mai 1589, elle marchait sur Paris. Mais un moine ligueur du nom de Jacques Clément qui prétextait l'apport de lettres pour le roi l'assassina. La Ligue tenait sa vengeance. La dynastie Valois disparaissait sans laisser d'héritier unanimement reconnu. Il faudra encore quelques victoires et une conversion au roi de Henri de Navarre pour faire respecter la généalogie.


FXC
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