Bartolomeu Dias

(en Algarve 1450-au large du cap de Bonne-Espérance 1500)
Navigateur portugais.


    Bartolomeu Dias fut tout d'abord gentilhomme à la cour du roi de Portugal Jean II où il exerçait la charge d'intendant des magasins royaux. Il put y fréquenter des hommes de sciences et les navigateurs partis découvrir la côte ouest de l'Afrique, dont le célèbre cosmographe allemand Martin Behaim qui l'initia à son art. Il participa aussi à l'expédition de 1482 au cours de laquelle fut fondé le comptoir de La Mine (situé dans l'actuel Ghana).

    La solide réputation qu'il avait acquis décida Jean II à lui confier le commandement d'une expédition  qui devait poursuivre plus au sud les expéditions de Diogo Cão (1484) et de d'Aveiro (1486) qui s'étaient arrêtées au Congo. Sa flotte était composée de deux caravelles et -nouveauté- d'une nef de ravitaillement destinée à prolonger les traversées au large. Il emmenait aussi six africains habillés à l'européenne et porteurs d'échantillons de marchandises à échanger qu'il comptait abandonner sur la côte au début du voyage afin d'exciter la curiosité des autochtones et préparer ainsi de futurs échanges commerciaux.
    La flotte quitta Lisbonne en août 1487 et atteignit le Congo en un peu moins de quatre mois. Mais les vents de l'hémisphère sud sont inversés par rapport à ceux de l'hémisphère nord, et la flotte peina à louvoyer. Finalement, Dias décida de laisser derrière lui la lourde nef particulièrement lente avec 9 hommes pour la garder et parti chercher les vents d'ouest plus au sud. Il mis ensuite cap à l'est. Puis, ne voyant poindre aucune terre, il retourna un peu au nord. C'est alors qu'il fut pris dans une tempête providentielle qui le ramena près de la côte où il aperçut les hautes montagnes de la baie Mossel où il débarqua : il venait de passer la pointe sud de l'Afrique, qu'il baptisa ainsi "Cap des tempêtes" (et qui fut ensuite renommé "Cap de Bonne-Espérance" par Jean II).
    Dias voulu s'assurer que le Cap était bien le passage tant recherché et s'aventura un peu plus à l'est. La côte s'incurvait effectivement vers le nord. Mais la pression de son équipage l'obligea à faire demi-tour vers le Portugal. Après avoir repassé le cap en luttant difficilement contre les vents d'ouest, il retrouva la nef de ravitaillement laissée neuf mois plus tôt. Seulement trois des neuf hommes de garde avaient survécu et l'un deux, très malade, mourut de joie en les voyant revenir. Le vaisseau était de toute façon pourri ; il fut déchargé et brûlé. Les deux caravelles arrivèrent triomphalement à Lisbonne en décembre 1488, 16 mois et demi après leur départ. La route des Indes était ouverte.
    Dans la foule venue les accueillir se trouvait un jeune gênois paradoxalement moins joyeux. Il s'agissait de Christophe Colomb qui était revenu une deuxième fois à Lisbonne proposer ses services au roi Jean II. Il comprenait qu'il serait désormais très difficile de défendre son projet d'une route des Indes par l'ouest.
     A son arrivée, Dias fut couvert d'honneur. Cependant, des problèmes de politique intérieure et la menace d'une guerre avec l'Espagne retardèrent la décision d'une nouvelle expédition. En 1494, le traité de Tordesillas fixa une ligne de démarcation entre les terres attribuables aux deux pays. L'année suivante, Jean II décida d'aller jusqu'en Inde et confia le commandement d'une flotte au jeune Vasco de Gama, Dias n'étant à la tête que d'un modeste navire. Mais le roi mourrut peu après et le départ n'eut lieu qu'en 1497.

    En 1500, Dias repartit pour les Indes sous la direction de Pedro Alvares Cabral. Mais il périt au large du cap de Bonne-Espérance lors d'une tempête qui engloutit quatre navires de l'expédition.


Texte de FXC
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